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Règles de la pétanque : distances, mènes et points

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Règles de la pétanque : distances, mènes et points

La pétanque oppose deux équipes qui lancent des boules métalliques vers un petit but en bois posé à 6 à 10 mètres, pieds joints dans un cercle. À la fin de chaque mène, l’équipe dont la boule est la plus proche marque autant de points qu’elle a de boules mieux placées que la meilleure adverse. La partie s’arrête à 13.

Ce résumé tient en trois phrases, et pourtant les disputes de terrain naissent presque toujours de ce qui n’y figure pas : la position exacte des pieds, la distance minimale entre le cercle et un obstacle, le sort d’un but chassé trop loin. Les règles de la pétanque sont fixées par le règlement officiel de la Fédération internationale de pétanque et jeu provençal, appliqué en France par la FFPJP, première fédération sportive non olympique du pays avec environ 310 000 licenciés et 5 750 clubs d’après la fédération, en 2025. Voici ce que dit ce texte, traduit en gestes de terrain.

Le cadre de départ : équipes, boules et but

Trois éléments sont normés avant même que la première boule parte. Le format de la rencontre fixe le nombre de boules, le matériel obéit à des fourchettes précises, et le but répond lui aussi à un cahier des charges.

Trois formats, et pas un de plus

Le règlement reconnaît exactement trois formules, chacune avec son quota :

  • triplettes, 3 joueurs contre 3, avec 2 boules par joueur ;
  • doublettes, 2 contre 2, avec 3 boules par joueur ;
  • tête-à-tête, 1 contre 1, avec 3 boules par joueur.

Chaque camp dispose donc toujours de six boules par mène. Le texte est explicite : toute autre formule est interdite. Les parties à quatre contre quatre improvisées sur une place de village existent, personne ne les sanctionne, mais elles n’ont aucune existence réglementaire.

Ce qu’est une boule agréée

Une boule de compétition est en métal, mesure entre 7,05 et 8 centimètres de diamètre et pèse entre 650 et 800 grammes. Elle est creuse et ne contient ni plomb, ni sable, ni mercure. Le label du fabricant et le poids y sont gravés et doivent rester lisibles, ce qui autorise un arbitre à contrôler n’importe quel jeu à tout moment. Les jeunes de 11 ans et moins bénéficient d’une dérogation : 600 grammes et 65 millimètres.

Une réclamation portant sur le diamètre ou le poids ne vaut qu’avant le début de la partie. Une contestation pour boule truquée reste recevable toute la partie, entre deux mènes seulement, et à partir de la troisième mène une réclamation infondée coûte trois points offerts à l’adversaire. Le choix des caractéristiques reste ensuite personnel, comme le détaille notre guide pour choisir ses boules selon le poids et le diamètre.

Le but, la pièce la plus discrète

Boule de pétanque et but en bois posés sur un terrain de gravier fin

Le cochonnet porte le nom officiel de but. En bois ou en matière synthétique homologuée, il mesure 30 millimètres de diamètre avec une tolérance d’un millimètre, et pèse entre 10 et 18 grammes. Détail rarement connu : peint ou non, il ne doit jamais pouvoir être ramassé avec un aimant. La règle vise les buts contenant une pièce métallique, qui fausseraient les mesures et faciliteraient les manipulations.

Lancer le but : les distances qui rendent une mène valable

Le tirage au sort désigne l’équipe qui choisit le terrain et lance le but la première. Cette équipe trace ou pose son cercle où elle veut, dans les limites du règlement.

Le cercle de lancement

Le cercle de lancement tracé au sol mesure entre 35 et 50 centimètres de diamètre, et doit accueillir entièrement les pieds de tous les joueurs. Un cercle matérialisé, celui que vendent les fabricants, est rigide et affiche un diamètre intérieur de 50 centimètres à deux millimètres près. Quand l’organisateur fournit des cercles réglementaires, leur usage devient obligatoire.

Sa position obéit à deux distances de sécurité : plus d’un mètre de tout obstacle, au moins 1,50 mètre d’un autre cercle utilisé ou du but d’une partie voisine. Les pieds restent entièrement à l’intérieur, sans mordre le tracé, et ne se décollent du sol qu’une fois la boule lancée retombée. Les joueurs amputés d’un membre inférieur ne posent qu’un pied dans le cercle, et les joueurs en fauteuil y placent au moins la roue du côté du bras porteur.

Les quatre conditions d’un lancer valable

Pour que le but soit bon, quatre conditions doivent être réunies en même temps :

  • distance de jeu de 6 mètres minimum et 10 mètres maximum, mesurée depuis le bord intérieur du cercle, pour les juniors et les seniors ;
  • cercle situé à un mètre au moins de tout obstacle ;
  • but situé à 50 centimètres au moins de tout obstacle et de la ligne de fond de jeu ;
  • but visible d’un joueur debout, corps droit, pieds aux extrémités intérieures du cercle.

Des distances plus courtes s’appliquent aux compétitions réservées aux plus jeunes catégories. La mène suivante repart d’un cercle tracé autour du point où le but reposait, sauf si cette position rend impossible un lancer à toutes les distances réglementaires.

Un seul essai, une minute

L’équipe qui a gagné le droit de lancer le but dispose d’un essai unique et d’une minute. Ratée, elle passe le but à l’adversaire, qui le place immédiatement à la main en position réglementaire. Le point le plus contre-intuitif du règlement tient dans ce qui suit : l’équipe qui a perdu le but joue quand même la première boule. Perdre le placement ne fait pas perdre l’initiative.

Le déroulement d’une mène

Une mène commence au lancer du but et s’achève quand les douze boules sont jouées. Entre les deux, l’ordre de jeu ne dépend jamais d’un tour de rôle, mais de la position des boules au sol.

Qui joue, et quand

La première boule revient à l’équipe qui a gagné le tirage au sort ou qui a marqué à la mène précédente. Ensuite, une seule règle gouverne l’alternance : c’est à l’équipe qui n’a pas le point de jouer. Une équipe peut donc enchaîner quatre boules d’affilée si l’adversaire garde le point à chaque fois.

Les boules partent une par une. Aucune boule lancée ne se rejoue, sauf si elle a été arrêtée ou déviée involontairement par un objet venu d’une autre partie, un animal ou un ballon. Le joueur ne trace aucun trait au sol pour marquer sa donnée et ne garde pas de boule supplémentaire dans l’autre main lorsqu’il joue la dernière. Toucher le sol trois fois avec une boule pour tâter une donnée reste toléré avant le lancer du but, pas au-delà.

Pointer ou tirer

Le règlement ne dit rien du geste lui-même. Approcher sa boule du but ou chasser celle de l’adversaire relève de la tactique, pas du droit, et c’est là que se joue l’essentiel d’une partie. Les trajectoires, les risques et le travail de ces deux registres sont détaillés dans notre article sur le tir et le pointage.

Une minute par boule

Chaque joueur dispose d’une minute pour lancer sa boule, une fois le but posé. Le décompte démarre à l’arrêt du but ou de la boule précédente, ou à la fin de la mesure quand un point a dû être vérifié. Ce délai reste théorique en partie amicale, mais il structure les rencontres arbitrées et sanctionne les temporisations.

Ce qui annule une boule, un but ou une mène

Joueur de pétanque de dos, pieds joints dans un cercle tracé au sol, bras en fin de lancer

Trois notions se confondent sans arrêt sur le terrain : la boule nulle, le but nul et la mène nulle. Elles ne produisent pas les mêmes effets.

La boule nulle

Une boule nulle est une boule passée en terrain interdit. La nuance qui règle la moitié des disputes tient à l’aplomb : une boule à cheval sur la limite reste bonne, elle n’est annulée qu’une fois située entièrement au-delà de cette limite. En terrains tracés, une boule qui traverse plus d’un jeu latéral contigu ou qui sort en bout de cadre est également nulle.

Les sept cas d’annulation du but

Le but est nul dans sept situations précises. Il est déplacé en terrain interdit, y compris s’il revient ensuite en jeu, une flaque d’eau sur laquelle il flotte comptant comme terrain interdit. Il n’est plus visible du cercle une fois déplacé, sauf s’il est simplement masqué par une boule. Il se retrouve à plus de 20 mètres du cercle pour les juniors et les seniors, à plus de 15 mètres pour les plus jeunes, ou à moins de 3 mètres. En terrains tracés, il traverse plus d’un jeu contigu ou sort en fond de cadre. Il reste introuvable après cinq minutes de recherche. Un terrain interdit s’intercale entre lui et le cercle. Enfin, dans les parties en temps limité, il sort du cadre attribué.

Quand la mène est nulle

Un but annulé ne signifie pas systématiquement mène blanche. Trois cas sont prévus :

  • les deux équipes ont encore des boules : la mène est nulle et le but revient à l’équipe qui avait marqué ;
  • une seule équipe a encore des boules : elle marque autant de points qu’il lui reste de boules à jouer ;
  • plus personne n’a de boule en main : la mène est nulle.

Une mène est également nulle quand aucune boule ne se trouve en terrain autorisé à la fin, ou quand les deux boules les plus proches, une par équipe, sont à égalité parfaite et qu’aucun camp n’a plus rien à jouer.

Compter les points et gagner la partie

Le décompte se fait mène par mène, jamais boule par boule. L’équipe qui possède la boule la plus proche du but marque autant de points qu’elle a de boules mieux placées que la meilleure boule adverse. Un score de 3 signifie donc trois boules devant la première boule de l’adversaire.

La mesure incombe au joueur qui a lancé la dernière boule ou à l’un de ses coéquipiers, et les adversaires ont toujours le droit de contrôler après eux. Chaque équipe doit posséder un instrument de mesure adapté, et mesurer avec les pieds est explicitement interdit. Le camp qui déplace le but ou une boule litigieuse pendant une mesure perd le point, ce qui explique la lenteur méticuleuse des joueurs expérimentés. Les mêmes réflexes valent en compétition, où l’officiel tranche les cas limites, comme le décrit notre article sur la mesure et les litiges vus par l’arbitre.

Deux précautions évitent la majeure partie des conflits :

  • marquer au sol la position du but et des boules avant toute intervention, faute de quoi aucune réclamation n’est recevable ;
  • ne ramasser aucune boule avant la fin du décompte, sous peine de la voir annulée.

La partie se joue en 13 points. Les organisateurs gardent la possibilité de faire disputer les poules et les parties de cadrage en 11 points, et certaines compétitions se déroulent en temps limité, sur des terrains dont toutes les lignes deviennent alors des lignes de perte.

Les règles de la pétanque hors compétition

Groupe de joueurs autour d’un but sur une aire de pétanque ombragée en fin de journée

La pétanque se pratique sur toutes les surfaces, et le règlement le reconnaît lui-même. Un terrain délimité n’est imposé que pour les championnats nationaux et les compétitions internationales, avec des dimensions minimales de 15 mètres sur 4. Les fédérations peuvent accorder des dérogations pour les autres concours, sans jamais descendre sous 12 mètres sur 3. Quand des barrières entourent l’aire de jeu, elles se tiennent à un mètre au moins des lignes extérieures.

Sur une place publique, sans ficelles ni cadres, la plupart des cas de boule nulle disparaissent mécaniquement : sans limite tracée, rien ne sort du jeu. Restent les fondamentaux qui font tenir une partie, à savoir les six boules par camp, la distance de 6 à 10 mètres, les pieds dans le cercle, l’alternance dictée par le point et le décompte à 13. Le reste appartient à l’usage local.

Ces règles ne se confondent pas avec celles du sport boules, discipline voisine où le joueur prend de l’élan dans un couloir balisé, ni avec son propre règlement détaillé dans notre dossier sur le cadre, les points et les fautes du sport boules. Le comparatif complet figure dans notre article sur ce qui sépare la pétanque du sport boules, et les licences comme les terrains d’entraînement se trouvent dans les structures locales décrites dans notre reportage sur la vie d’un club de boules.

Prochaine étape pour progresser vite : relire les articles consacrés au cercle et au lancer du but avant le prochain concours, puis vérifier sa distance de but dès la première mène. Deux ou trois parties suffisent à en faire un automatisme.